Inauguration de la plaque commémorative Esther Senot au lycée Jules Verne de Limours

Mardi 20 janvier 2026, l’ensemble de la communauté éducative et les élèves du lycée Jules Verne de Limours se sont réunis pour un moment solennel : l’inauguration de la plaque commémorative en l’honneur de madame Esther Senot, survivante de la Shoah. À cette occasion, la cérémonie a été honorée par la présence de madame Lisette Jovignot, elle aussi rescapée, venue témoigner de son soutien.

Cette plaque, appelée à être installée dans le hall du lycée — lieu de passage, de rencontres et de vie — s’inscrit dans une volonté forte d’ancrer durablement le travail de mémoire au cœur de l’établissement. Comme l’a rappelé la proviseure, madame Traissard, dans son discours, « les valeurs de la République ne vont jamais de soi et doivent être défendues sans cesse ».

Derrière cette plaque, il y a une voix. Une histoire. Celle d’Esther Senot, 97 ans, déportée à Auschwitz-Birkenau à l’âge de 15 ans. Une trajectoire marquée par « la séparation brutale des familles, le travail forcé, la faim, le froid et une violence quasi quotidienne », comme l’ont rappelé les élèves dans un discours écrit et lu à plusieurs voix par Jade, Margaux et Irda.

Les élèves ont insisté sur la portée actuelle de cette parole, soulignant que « la mémoire n’est pas toujours tournée vers le passé, mais qu’elle éclaire l’avenir », et que cette transmission confie aux jeunes générations une responsabilité essentielle : « écouter, comprendre, transmettre ».

Pas moins de 80 élèves, présents sur la base du volontariat, ont participé à ce rassemblement citoyen afin d’honorer madame Senot dans son rôle fondamental de passeuse de mémoire. Plusieurs d’entre eux ont eu l’opportunité de lire les textes qu’ils avaient rédigés à la suite de son témoignage. Des messages d’une grande sincérité, souvent poignants, traduisant les questionnements, l’émotion et la prise de conscience de la jeune génération face à cette histoire.


Parmi ces textes, celui très personnel d’Éva : « Je me suis demandé comment on fait pour continuer à vivre quand on n’a que quatorze ans, et que le monde s’effondre. » À travers Esther Senot, elle voit avant tout « une jeune fille qui a eu peur, une jeune fille qui a espéré, malgré tout », pour qui « vivre était déjà une forme de résistance ». Elle rappelle également la douleur irréparable des familles brisées et affirme que « l’Histoire n’est pas faite de chiffres, mais de vies ».


La plaque inaugurée ce jour-là se veut discrète, mais profondément signifiante. « Elle est silencieuse, mais son silence parle », écrit encore l’élève. Plus qu’un hommage, elle est une promesse : celle que l’histoire d’Esther Senot, et à travers elle celle de la Shoah, continuera d’être racontée, entendue et partagée, afin que « l’inhumain ne devienne jamais banal ».

La cérémonie s’est conclue par le dévoilement de la plaque, symboliquement abritée par le drapeau français, avant que l’assemblée n’entonne la Marseillaise, scellant ainsi un engagement collectif fort en faveur de la mémoire, de la vigilance et des valeurs républicaines.

 

Mise à jour : juin 2026