Cette interview a été réalisée par Aya, élève au lycée Dumont d’Urville de Maurepas, et par Jade, élève au lycée Jean-Pierre Vernant de Sèvres, dans le cadre du stage de seconde qu’elles ont effectué à la DAREIC en juin 2025.
- Pourquoi as-tu choisi cette filière ?
Rodrigo : J'ai toujours été intéressé par les métiers d'art, mais je ne savais pas réellement quoi faire. Je me suis découvert une passion pour le Fashion Design.
Enora : J'ai choisi cette filière parce que j’aimerais travailler dans tout ce qui est animation, illustration, etc. C'est l'un des bacs possibles pour cette orientation. J'aimerais bien faire du Character Design pour de l'animation 2D ou pour du jeu vidéo.
- Quel était ton état d’esprit avant de partir ? Avais-tu des appréhensions concernant le séjour ou la famille d’accueil ?
Enora : Avant de partir, j'étais très stressée parce que j'avais peur de la famille que j'aurais et aussi de partir dans un autre pays. J'avais certaines appréhensions, on ne sait jamais à quoi s'attendre.
Rodrigo : Je dirais que j'appréhendais beaucoup, mais je n'avais pas forcément peur. Je me suis dit que ça allait être nul et que j'allais me retrouver dans un mètre carré, comme Harry Potter. Finalement, je me suis retrouvé comme un roi dans une chambre avec un lit double et plein d'espace.
- Comment étais-tu logé(e) ? As-tu apprécié ta famille d’accueil ?
Enora : J'étais dans une famille de trois enfants. Ils étaient anglais. Ils venaient de Londres, et donc ils n'avaient pas l'accent irlandais. Ça m'a beaucoup aidée. Ils étaient super compréhensifs et très gentils aussi.
Rodrigo : J'étais avec une dame seule qui s'appelle Dara. En arrivant chez elle, il y avait déjà deux Allemands un peu plus âgés que moi. Le soir, on se retrouvait tous autour de la table pour manger. Ça a créé des liens. On s'est même échangé nos réseaux sociaux. Je pense que je n'aurais pas pu avoir une meilleure famille d'accueil.
- Quelles ont été tes premières impressions de l’Irlande, qu’il s’agisse de la vie quotidienne, de la nourriture ou de l’ambiance générale ?
Enora : Le mauvais temps, c’est la première chose que j’ai vue. À mon arrivée, il y a eu une énorme tempête. Mais sinon, ce qui m'a le plus étonnée, ce sont les horaires, surtout pour le dîner que tu prends à 17h, ce qui est très tôt par rapport à la France !
Rodrigo : J'ai tout de suite remarqué que l'Irlande était plus colorée et très jolie. Là-bas, je n'ai mangé presque que les repas de Dara. Celui qui m'a le plus marqué était un plat de pommes de terre cuites avec une purée de carottes. En fait, c’est un plat où il y avait plein d’ingrédients dont je ne connaissais même pas le nom, mais c'était très bon.
- Dans quelle entreprise étais-tu en PFMP ? Quelles étaient tes principales missions ?
Enora : J'étais dans une entreprise qui s'occupait de créer des pages internet et qui s'appelle 4property.com. C'était dans la communication visuelle. Nous étions 6 stagiaires. Là-bas, j'ai dû créer des affiches pour plusieurs entreprises ainsi que des publicités pop-up pour différents sites.
Rodrigo : J'étais dans l'entreprise Jennifer Rothwell Designs. C'est une maison de couture. J’ai commencé mon stage par un inventaire des accessoires, puis en faisant les commandes, en les emballant et en les envoyant. Mais ma plus grande mission a été de faire des étiquettes pour des produits destinés au Trinity College. Je pense qu'elles sont toujours affichées là-bas. Donc, ça laisse une trace de moi.
- As-tu rencontré des difficultés pour t’adapter au monde du travail en Irlande et comment se sont passées tes relations avec tes collègues ?
Rodrigo : J'ai rencontré des difficultés avec la langue, puisque l'accent n'était pas toujours facile à comprendre. Mais sinon, au bout de 2-3 jours, j'ai réussi à m'adapter.
- Quelles différences as-tu remarquées entre le travail en Irlande et en France ?
Enora : En France, les PFMP sont beaucoup plus rigoureuses qu'en Irlande. Là-bas, ils te laissent plus en autonomie.
- Qu’as-tu appris sur le plan professionnel durant ton séjour, et cette expérience t’a-t-elle donné envie de travailler en Irlande plus tard ?
Rodrigo : J'ai appris à perfectionner mon utilisation du logiciel Design Illustrator®. J'ai aussi appris à mieux me déplacer avec les transports en commun et à être plus autonome pour venir au travail. Je pourrais envisager de travailler en Irlande un jour, mais j'aimerais plutôt m'installer au Portugal plus tard.
- Quelles différences avec la France t'ont le plus marqué(e) ou surpris(e) ?
Enora : Quand on passe dans les rues, on repère plus facilement les élèves. Je voyais tout le temps des filles en uniformes d'écolières. Le seul truc qui m'a vraiment surprise, je pense que c'étaient les prix, qui étaient assez chers.
Rodrigo : J'ai trouvé ça beaucoup plus joyeux et accueillant en Irlande. Ça change de Paris, en tout cas. Sur le plan culturel, il y a la manière de s'habiller. On n'a pas du tout la même mode, en même temps. Par exemple, en France, les jeunes sont attirés par les vêtements un peu larges, alors que là-bas, les adolescents préfèrent les jeans serrés, skinny. Pour nous, c'était la mode il y a 6-7 ans.
- Qu’as-tu visité pendant ton séjour en Irlande, et quelle visite t’a le plus plu ?
Enora : Le week-end, avec la classe, on se retrouvait et on avait des visites dans des musées ou des activités prévues. J'ai préféré le musée sur les Vikings à Dublin. C'était super intéressant. On avait aussi du temps libre, ce qui était très sympa. J'ai pu acheter des souvenirs pour ma famille qui étaient moins chers qu’en France.
Rodrigo : J'ai pu visiter grâce au lycée le Jeanie Johnston Tall Ship, un ancien bateau qui a participé à la migration des Irlandais vers les États-Unis pendant la Grande Famine du XIXe siècle. J'ai beaucoup aimé, c'était très captivant ! Mais je pense que ma visite préférée restera celle du Trinity College.
- As-tu rencontré des difficultés avec l’anglais au début de ton séjour, et penses-tu avoir progressé, notamment dans un contexte professionnel ?
Enora : L'accent en Irlande est assez particulier, donc c’était assez compliqué au début de comprendre les personnes. Ma famille d’accueil m'a aidée à évoluer en anglais comme ils étaient d’Angleterre, et non d’Irlande. Mais si je devais retourner en Irlande avec une famille ayant un accent irlandais, je pense que je m'en sortirais.
Rodrigo : Lorsque je suis arrivé dans ma famille, avec l'accent, c'était compliqué. Mais par la suite, c’est devenu plus simple, ce qui m'a permis de beaucoup progresser en anglais. D’ailleurs, actuellement, je parle anglais dans un cadre professionnel, et c'est plus simple que là-bas, car les gens n'ont pas forcément un gros accent.
- As-tu tenu un carnet de bord ou pris des photos pour garder des souvenirs ?
Enora : Pendant ma mobilité, nos profs nous ont demandé de faire un carnet de voyage avec des dessins, ou même de ramener des choses de là-bas. À chaque sortie qu'on faisait, il y avait une personne désignée pour prendre des photos. Ma page préférée du carnet est une page où j'ai collé plein de souvenirs, comme ma carte de bus, et plein de flyers que j'avais récupérés des musées.
- Quel est ton meilleur souvenir ?
Enora : Le meilleur souvenir de mon voyage est d’avoir fêté mon anniversaire. Je suis sortie avec des amies de ma classe, au restaurant dans Dublin. C'est un de mes meilleurs souvenirs. En plus, la mère de ma famille d'accueil fêtait aussi son anniversaire le même jour que moi ! On l'a donc fêté ensemble le matin.
Rodrigo : Mon meilleur souvenir, je dirais que c'est quand je suis allé à l'escalade avec des amis. On s'est beaucoup amusés. C'est une expérience qui m'a marqué. Et aussi la gaieté des rues, quand il y avait des guitaristes et des petits artistes qui se mettaient à chanter dans la rue et que tout le monde dansait.
- Qu’est-ce que ce séjour t’a apporté, aussi bien sur le plan personnel que professionnel ? A-t-il influencé ta réflexion sur ton projet d’avenir ?
Enora : Ce séjour m'a apporté plus de notions en anglais, mais m'a aussi permis de mieux m'exprimer et d'être beaucoup plus à l'aise quand je parle, que ce soit au niveau personnel ou professionnel.
Rodrigo : Je dirais que la PMFP m'a apporté personnellement de la confiance en moi et de l'autonomie parce que j'ai dû vraiment me débrouiller. Professionnellement, je dirais que ça m'a aidé à être plus ponctuel, dû au fait que j’avais des horaires très précis, j'ai dû apprendre à gérer les imprévus avec les transports. La PMFP en Irlande m'a aidé dans mon choix et j'ai opté pour une redirection quasi-totale. Maintenant, je sais ce que je veux faire et ce que je ne veux pas faire.
- Est-ce que tu recommanderais cette expérience à d’autres élèves, et est-ce que tu souhaiterais repartir avec Erasmus+ ?
Enora : Je recommanderais ce que j'ai vécu à d'autres élèves, car c'est une super belle expérience et ce n'est pas tout le monde qui a la chance de partir dans un autre pays et d'y travailler.
Rodrigo : Je dis vraiment à tous les élèves de foncer ! C’est vraiment une expérience qui m'a marqué. Je pense que ça va être très compliqué de l'oublier. Ça peut faire peur, mais il faut vraiment tenter l'expérience et en profiter jusqu’au bout. J'aimerais repartir avec Erasmus+, peu importe où, si l'occasion se présente.
Mise à jour : novembre 2025


