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Le 26 mai dernier, 10 heures du matin. Une vingtaine d’élèves de seconde bac pro, Métiers d’arts - tapisserie d’ameublement, du lycée Valmy de Colombes (92), se retrouvent dans la Cour d’honneur de l’École nationale supérieure des Beaux-Arts, à Paris.
C’est le dernier de leurs trois rendez-vous annuels avec le Cabinet des dessins de l’École. La première rencontre était consacrée à "L’Académie mise à nu", la seconde au baroque en Flandres et, celle de ce jour, à l’artiste contemporain François Bouillon, également professeur à l’École des Beaux-Arts.

Depuis deux ans, un partenariat s’est noué avec l’académie de Versailles, porté par l’association Le Cabinet des amateurs de l’École des Beaux-Arts. Un partenariat qui obéit à trois objectifs : initier les élèves aux techniques et aux fonctions du dessin dans le processus de création d’une œuvre d’art ; accompagner l’enseignement de l’histoire des arts et, enfin, faciliter la découverte des métiers d’art.
Un projet cousu main
« Ce projet est vraiment un projet cousu main, propre à notre musée. Pour des adolescents vivant dans un monde dominé par les images virtuelles, le contact avec des originaux est essentiel » explique Emmanuelle Brugerolles, conservateur général du Patrimoine, chargée des dessins.

« Aucune visite n’est semblable, les réactions des élèves sont toutes différentes. Leurs questions nous surprennent, nous interrogent, nous obligent souvent à reconsidérer nos points de vue. C’est très enrichissant » ajoute pour sa part Camille Debrabant, chargée de la médiation de ce projet.
Sarah, étudiante en thèse d’histoire de l’art, présente l’exposition et répond aux questions et aux remarques des élèves.

La collection Jean Bonna, aménagée dans le Palais des Études, est la collection de dessins la plus riche de France, après celle du musée du Louvre.
Ensuite, le groupe part visiter une – petite – partie de cette École unique au monde par la richesse de son patrimoine. L'École forme, en effet, un vaste ensemble, au cœur de Saint-Germain-des-Prés, dont les bâtiments datent des XVIIe, XVIIIe, XIXe siècles et même pour certaines parties, du XXe siècle.

Peintures et sculptures, médailles, objets d'art et fragments d'architecture, dessins de maîtres, dessins liés à l'enseignement de l'École, dessins d'architecture, estampes, photographies, livres, manuscrits… la collection est immense !

Le groupe s’arrête à l’atelier de sérigraphie, où un étudiant de cinquième année présente les méthodes et les techniques employées. La visite se poursuit par la Chapelle, aujourd’hui lieu d’exposition, qui recèle une collection de copies d’œuvres majeures telles que le "Jugement dernier", la "Piéta" ou les "Esclaves" de Michel-Ange.
Ce projet a « soudé » la classe
Entre la visite de la première exposition et celle-ci, Franck Durand et Patrick Géminel, les enseignants porteurs du projet, ont vu de réelles différences dans le comportement de leurs élèves. Pour eux, cette expérience a vraiment « soudé » la classe. Morgane, Antony, Madjid, par exemple, reconnaissent avoir acquis plus de confiance en eux, dans leurs capacités comme dans leurs projets professionnels.
« Le travail fait ici... », poursuivent les deux enseignants, « ...s’inscrit parfaitement dans le nouveau programme de l’histoire des Arts. Au fil des rencontres nos élèves ont changé leur façon de regarder les œuvres. Ils en ont aussi découvert la dimension technique : les matériaux employés, les outils… Et regardez les... » se réjouissent les professeurs, « nous sommes à la fin de l’année, ils commencent leur stage demain matin et ils sont tous là ».
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09/06/10