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La lumière, sujet de l’édition 2010 du stage "Les desseins du design"

La lumière était le thème de l’édition 2010 du stage « les desseins du design » conçu par la délégation académique à l’action culturelle dans le cadre du programme académique de formation.
Ce stage, réalisé en en coordination avec l’inspection pédagogique des Arts appliqués, a réuni du 30 mars au 1er avril, une cinquantaine d’enseignants en arts appliqués mais aussi d’autres disciplines. Abordant la lumière à travers des approches variées, le programme proposait un parcours allant de l’École Nationale Supérieure des Arts Appliqués et des Métiers d’Arts (ENSAAMA) aux Arts Décoratifs en passant par l’École Nationale Supérieure de Création Industrielle (ENSCI). La lumière qui ne se résume pas à la dimension fonctionnelle de l’éclairage, nous renvoie à des connaissances scientifiques et techniques, à des préoccupations symboliques et philosophiques. En cela elle constitue une entrée privilégiée pour l'histoire des arts.

Mardi 30 mars, 9h du matin. Après un café d’accueil, le groupe se retrouve dans l’amphi pour une présentation de l’atelier lumière de l’École par son responsable, Dominique Doulain. Pour cet ingénieur et plasticien, parler de la lumière c’est augmenter l’espace de compréhension de l’éclairage : « le calcul des lux est une donnée technique mais une autre valeur peut être proposée par les artistes, les architectes, les concepteurs ». S’ensuit un rapide cours sur les bases de la lumière et de l’éclairage. Ainsi la suite du programme sera… compréhensible par tous.
Démarche judicieuse : Guy Gauthier responsable de marché chez Philips Lighting vient présenter tous les secrets des diodes électroluminescentes (Led ou Del) qui, bientôt, seront omniprésentes dans nos vies.
La lumière est une thématique qui intéresse tout particulièrement Gilles Demelin, professeur de plasturgie au lycée Galilée de Gennevilliers qui souhaite l’intégrer dans les projets et les objets qu’il prévoit de réaliser avec ses élèves.

Il y a un rapport sensoriel à la lumière

Pour Thomas Bensimon, professeur d’arts appliqués au lycée Jean Monnet de Montrouge la question de l’éclairage est fondamentale, dans l’espace privé comme dans l’espace public. « Il y a un rapport sensoriel à la lumière » explique t-il. « Regardez par exemple comme l’éclairage urbain sécuritaire peut être anxiogène ». L’après midi se poursuit par une intervention de Yves Chambaret, concepteur lumière et directeur de l’agence M.C.2 autour des notions de lumière, froide, chaude ou colorée.

Il est temps maintenant de passer aux travaux pratiques avec trois ateliers : expérimenter des effets lumineux colorés, jouer des ombres et des contrastes, transformer l’espace, transfigurer un portait en utilisant toute une palette de projecteurs de différentes puissances… l’imagination est au pouvoir et les appareils photos sont à l’œuvre pour garder traces de ces créations éphémères.

Le lendemain, c’est avec Pierre Doze, professeur d’histoire et théories du design et critique, que les enseignants sont amenés à réfléchir autour de la dialectique de l’ombre et de la lumière, mais aussi de la transparence dont l’histoire du design et de l’architecture témoigne abondamment. L’après midi est consacré à la visite de l’École Nationale Supérieure de Création Industrielle et à l’intervention d’un « lightning designer », Vincent Muracciole, ancien élève de l’ École avec, comme fil conducteur, la lumière et les espaces de vente.

Dans un musée la lumière est un allié mais le plus souvent c’est un ennemi

Changement d’environnement le jeudi 1er avril. Rendez-vous rue de Rivoli aux Arts décoratifs autour des problématiques liées à l’éclairage muséographique. Maximilien Durand, responsable de la conservation préventive et de la restauration, explique les difficultés qu’il a dû surmonter lors de l’exposition consacrée à Madeleine Vionnet pour éclairer, sans les abimer, les fragiles vêtements de la célèbre couturière. « Dans un musée, explique-t-il, la lumière est un allié mais le plus souvent c’est un ennemi ». Le thème du stage permet de revisiter les collections permanentes sous un angle nouveau. Ainsi, naturelle ou artificielle, la lumière met en scène le quotidien depuis le Moyen-âge jusqu’à nos jours. Le stage s’achève avec l’intervention de Jean-Luc Ledeun, créateur d’éclairage, qui témoigne de son travail de concepteur et de chef d’entreprise.

A l’heure du bilan les commentaires sont franchement positifs :
Rosario Naissant, professeur d’arts appliqués au lycée de la Tourelle de Sarcelles : « Ce stage m’a beaucoup apporté. Je pourrai davantage faire appel à la créativité de mes élèves. Je pourrai également mieux renseigner ceux qui me demandent des informations sur leur orientation ».
Emmanuelle Bouaziz, professeur d’arts appliqués au lycée du Château d'Epluches à Saint-Ouen-l'Aumône : « Je prépare un cours sur l’espace à l’époque de la Renaissance. Ce travail sur la lumière, sur l’histoire de la lumière m’a donné plein d’idées ».
Bernadette Faliu, enseignante en B.E.P. carrières sanitaires et sociales : « Ce sont les aspects techniques qui m’ont le plus intéressée. La lumière dans des lieux qui accueillent des personnes âgées c’est important et je pourrai à ce propos apporter des informations utiles à mes élèves ».
François Marquez, professeur d’arts appliqués au Lycée Jean Monnet de Montrouge : « Je suis toujours à la recherche d’idées pour construire des projets avec mes élèves. Ce stage est aussi un lieu de rencontre. C’est difficile de se renouveler en restant tout seul avec ses élèves ».

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15/04/10