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Vidéo : Projet théâtre au lycée professionnel Jean-Mermoz de Montsoult

Des élèves du lycée professionnel Jean-Mermoz de Montsoultlien externe en classe de C.A.P. Vente, seconde E.C.M.S. (Employé de Commerce Multi-Spécialités) et terminale E.V.S. (Employé de Vente Spécialité) organisent avec leurs enseignants une représentation théâtrale autour "d'Alice au pays des merveilles".

Cet événement a été monté dans le cadre d’une classe à projet artistique et culturel, en partenariat avec L’apostrophe Théâtre des artslien externe, scène nationale de Cergy-Pontoise et du Val-d’Oise.

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Transcription de la vidéo :



Une encadrante : Là on revoit les scènes qui ne vont pas, d'accord ? Mohammed on y va.

Benoît Lahoz, comédien et metteur en scène : On y va ?

Les élèves : O.K., on y va !

Benoît Lahoz : O.K., vous vous mettez en place ; vous vous souvenez par où vous êtes sortis ? Tu as ce chapeau-là à ce moment-là ? Ouais, d'accord.

Pascale Di Constanzo, professeure de vente : Cette année, pour la deuxième année, on est partis sur un projet à PAC au lycée de Montsoult, Jean-Mermoz. Cette année on a décidé de travailler sur le thème des contes et légendes et on a présenté le projet "Alice". On est partis d'une adaptation de Fabrice Melquiot : "Alice et autres merveilles". On a présenté un peu le texte aux élèves, on leur a aussi présenté le film, avec Johnny Depp en l'occurrence. Ca a été très très mal accepté au départ parce que personne ne voulait faire ni le lapin ni Alice ni personne, c'était une histoire pour les enfants, pas pour eux etc. Donc on s'est dit houla on est mal partis sur le sujet ! Et puis on a rencontré beaucoup d'obstacles, beaucoup de difficultés, ça fait partie des aléas, il y a des années où ça se passe mieux que d'autres. Mais on n'a pas lâché, on a gardé espoir, et quand je vois la représentation... enfin la répétition- pardon, d'ailleurs c'est un lapsus- d'aujourd'hui, je suis... voilà, je n'ai plus de mot ! Je n'ai plus de mot, il n'y a plus rien. Je suis... émue, je suis... touchée. Je pense que demain les spectateurs ressentiront les mêmes choses d'autant qu'en plus il y aura la famille, il y aura beaucoup de monde, et je pense qu'ils seront aussi émus que nous aujourd'hui.
Ce sont des élèves en première année et terminale C.A.P. Ce sont des C.A.P. réservés, c'est à dire qu'en fait ce sont des élèves qui au départ étaient en échec scolaire depuis la primaire parfois, voire jusqu'au collège, et donc ils viennent en première année, en terminale, commerce ou vente. On a une section vente, une section commerce, un petit peu différent mais on reste dans le domaine du commerce. C'est je pense un public qui ne connaît pas du tout ni le théâtre, ni parfois je dirais au niveau culturel la danse non plus, l'art au sens large c'est à dire la peinture etc... Et donc on leur a fait découvrir, à travers un projet qu'on essaie de choisir avec eux, on essaie de leur faire découvrir cet univers.

Un élève : En fait au début de l'année on avait le trac, on ne voulait pas passer. Et depuis que Benoît est venu, il nous a motivés un peu et on a voulu faire du théâtre.

Une élève : Moi ça fait deux ans que je fais théâtre. La première année j'étais un peu timide mais là maintenant je m'ouvre de plus en plus.

Pascale Di Constanzo : J'aimerais pouvoir montrer -et d'ailleurs je pense qu'on va le faire à la rentrée-, le premier jour quand on leur présente le projet, quant on leur présente la pièce et qu'on leur dit : voilà on va travailler tout l'année, on va faire du théâtre etc, vous allez jouer sur une scène d'ici la fin de l'année ; je voudrais pouvoir montrer ce moment-là... si j'avais eu une caméra à la place des yeux ! Je me souviens, c'est avec le langage qu'ils ont l'habitude d'utiliser entre eux : z'iva, c'est quoi, n'importe quoi, qu'est-ce qu'on va faire du théâtre, le lapin ets, donc là, je fais allusion aux accessoires. Et ce moment-là où il y a un refus total, voire même presque un peu de violence verbale, des choses comme ça et quand je vois ce qu'il s'est passé quasiment un an après : méconnaissables, ils sont méconnaissables. Parmi les élèves de l'année dernière pour la petite histoire, qui ont travaillé eux sur le projet, sur la pièce de "Roméo et Juliette" -donc évidemment on avait fait une adaptation-, on a un élève qui a continué vers un bac pro, ce qui est rarissime, et qui en plus s'est inscrit en première année d'une école de one-man-show, qui a fini son année et qui est accepté en deuxième année de cette école sur Paris. Donc c'est beau.

Un élève : J'aimerais bien être comédien et faire du théâtre aussi et je suis très motivé pour demain aussi.

Interviewer : Pas trop le trac pour demain ?

Une élève : Si, un peu, ça commence un petit peu, mais j'ai quand même envie de monter sur scène. Je ne sais pas, c'est magnifique, on voit tout le monde nous regarder.

Un élève : Moi je n'ai pas beaucoup le trac. C'est juste que j'ai l'habitude de voir le monde et que le monde c'est pas des monstres, c'est des personnes comme nous et j'ai pas trop le trac.

Benoît Lahoz : Les professeurs ont fait un immense travail. Donc moi je suis arrivé, j'ai resserré les boulons afin de faire monter la mayonnaise mais toute la base avait été posée par les professeurs qui dans ce cas-là -c'est pas toujours vrai, parfois on fabrique ensemble dès le début-, mais là s'étaient emparés complètement de la chose très tôt dans l'année.

Sous-titre : Professeures : Pascale Di Constanzo, Nathalie Leduc, Héléna Raux.

Benoît Lahoz : Donc oui on a fait un travail qui en tout cas pour moi était extrêmement riche, et je ne suis pas venu sauver le soldat Ryan, du tout !

Sous-titre : L'apport d'un professionnel auprès des élèves.

Benoît Lahoz : Pour moi c'est une présence nécessaire. Nécessaire pour eux, nécessaire pour moi. Nécessaire pour eux parce qu'ils sont confrontés non pas à un hobby possible ou une activité comme on dit, mais ils sont confrontés à leur propre créativité et leur capacité à faire art avec le réel. Et nécessaire pour moi parce que tout ce qu'ils dégagent m'apprend beaucoup pour mon propre travail artistique et aussi pour ne pas m'enfermer dans cet étage d'un secteur culturel, artistico-culturel, où je ne verrais plus que mes propres problématiques alors que là on est dans le réel, dans le vivant, dans le multiple, dans les diversités et c'est absolument essentiel, dans la diversité de leurs créativités qui sont parfois un petit plus timides au début et là puis j'ai vu des élèves qui ont fleuri magnifiquement, et parfois qui sont déjà très affirmés et qui ont besoin d'être recadrés, assouplis, et ça c'est magique parce que c'est au-delà même d'un projet artistique, dans leur projet de vie c'est une richesse de pouvoir s'approprier leur propre créativité. Et nous on n'est que des guides, des passeurs pour qu'ils puissent faire leur chemin tout seul ensuite.

Sous-titre : Un partenariat avec l'Apostrophe.

mis à jour le 10/07/2012