Partager cette page

À Sarcelles, les jeunes chantent pour fédérer, au-delà des religions
Evénement

Ce jeudi 11 avril 2019 au soir, la salle André Malraux de Sarcelles était comble. Sur scène, la chorale composée d'élèves de l'Unité pédagogique pour élèves allophones arrivants ou UPE2A du lycée Jean-Jacques Rousseau de Sarcelles, de T.Killa (groupe ArsenïK), rappeur de Villiers-le-Bel, mais aussi de l'association Jubiléo ont chanté en français, en arabe, et en hébreu des chants sacrés, des grands classiques et même du rap. Un grand moment qu'il ne fallait pas rater. Découvrez ici quelques extraits de cette belle soirée...

Au total, 100 choristes et musiciens du lycée J.J. Rousseau, des Ensembles choral Copernic,
Jubileo et de la chorale Aisa ont emmené le public dans un voyage musical aux sonorités diverses.
Marie-Ange Tomi, IA-DAASEN faisait partie du public averti venu remplir la salle Malraux prêtée par la Mairie de Sarcelles.

Chanter ensemble. À l’unisson, comme s’il ne formait qu’un. Quand leurs voix s’élèvent, il n’y a plus de couleurs, plus de religions, plus de catégories sociales, mais une unité qui permet d’aller vers l’autre, de ne pas -plus- en avoir peur. Ce jeudi soir, la ville de Sarcelles est devenue le théâtre de cette magie que la musique permet encore. Sur la scène de la salle Malraux, des grands classiques de la musique juive, chrétienne et musulmane ont été interprétés par des jeunes du lycée Jean-Jacques-Rousseau de Sarcelles et le rappeur T.Killa, de Villiers-le-Bel.

Au total, 100 choristes et musiciens des Ensembles choral Copernic, Jubileo et de la chorale Aisa, dirigés par le chef d’orchestre Itaï Daniel, ont transporté le public dans un voyage musical aux sonorités diverses. Du Verdi, du Mozart, du rap... Le répertoire interprété était large.

Des jeunes venus d’Afrique et du Moyen-Orient

Du lycée Jean-Jacques-Rousseau, ils étaient 20 à chanter. Tous sont suivis dans le cadre du dispositif  UPE2A , porté par Mame-Fa Bruneau, la dynamique conseillère principale d’éducation (CPE) et référente UPE2A et FLE depuis six ans. « J’accueille les nouveaux arrivants et je leur enseigne le français, je les suis jusqu’au bac. »

Ces élèves viennent d’Irak, de Syrie, du Mali, de Côte d’Ivoire, d’Haïti, d’Égypte... et ont connu des situations difficiles, parfois la guerre. «Par exemple, les chrétiens d’Orient qui ont fui l’Irak à cause des musulmans me disent en début d’année ne plus supporter des musulmans. Et inversement. On a réfléchi à comment faire pour fédérer », insiste Mame-Fa Bruneau. La chorale a pris forme, en partenariat avec l’association Jubileo – née sous l’impulsion de la soprano Laurence Benezit — et du proviseur Gilles Lonchampt.

Des chants en français, en arabe et en hébreux

Dans cette chorale, pas de différence. Tous chantent ensemble, en français, arabe, hébreux... « La musique rassemble, c’est l’unisson des cœurs, répète Mame-Fa Bruneau. Je me bats au quotidien pour que ces élèves se sentent appartenir à l’école de la République. La citoyenneté c’est aussi ça. Ça va au-delà des apprentissages, c’est éduquer à vivre. » « Plus que vivre-ensemble, on fait ensemble », appuie Laurence Benezit.

Depuis le début de l’année, Nada, Anais, Charonne, Tenin, Michaël, Angello et les autres répètent inlassablement les mercredis entre 12h30 et 15h30. « Avec cette chorale, on apprend le partage, on rencontre d’autres personnes », sourit Charonne, originaire d’Haïti. Nada, qui se rêve médecin, vient d’Égypte. Pour elle, cet ensemble musical « c’est une famille ». Au-delà du chant, c’est tout un monde tourné vers l’autre qui s’ouvre. « Nous les avons emmenés à la Sorbonne, à la rencontre de polytechniciens... détaille Mame-Fa Bruneau, à l’implication sans faille. Tout cela permet de les sortir de Sarcelles et de leur montrer que tout est possible pour eux aussi. »


Partager cette page
  • Imprimer
  • Agrandir / Réduire

DSDEN DE L'ACADEMIE

Carte des établissements de France