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Des métiers, des jardins, des paysages
Éducation artistique et culturelle  - Action éducative  - 16/10/2012

Le 3 octobre 2012, serre de Valois du Domaine national de Saint-Cloud, vingt cinq professeurs du premier et du second degrés se retrouvent autour d'un café. Ils s'apprêtent à suivre la première journée d'une formation qui se poursuivra le 10 octobre suivant.

Après une présentation du contenu du stage par Sarah Kemmet, professeur relais au Domaine de Saint-Cloud, et par Nathalie Ponsart-Thomas, chargée de l'architecture, des arts plastiques, du design, du patrimoine et de la photographie à la délégation académique à l'action culturelle (daac) de l'académie de Versailles, la visite du parc commence. Le groupe part à la découverte du système hydraulique, visite les jardins à la française, les jardins à l'anglaise et admire le point de vue, tout en bénéficiant des explications particulièrement détaillées et pertinentes de Séverine Drigeard, historienne de l'art.

Après la pause déjeuner, rendez-vous au Pavillon des 24 jets, à la rencontre du comédien Frédéric Mainart. La pluie, particulièrement insistante, amène à modifier le programme initialement prévu dehors au côté des statues. Le comédien devait y dire des textes d'Ovide et évoquer la nourriture des grecs anciens... car il est aussi cuisinier ! La pluie en ayant décidé autrement, Frédéric Mainart a alors proposé aux stagiaires de préparer justement des plats de cette époque sous la forme d'un atelier cuisine. Au final, tout le monde s'est régalé !

Du bronze à la résine : une grande diversité de matériaux

Le mercredi suivant, la pluie comme les professeurs sont au rendez-vous de la deuxième journée de la formation. Tous les participants se retrouvent, comme le mercredi précédent, serre de Valois. Ils se dirigent ensuite vers le parc pour une série de découvertes passionnantes sur les différentes activités liées au domaine : chargée de la restauration-entretien, fontainier, jardinier,

Geneviève Rager détaille les problèmes de conservation et de restauration du décor sculpté dans les jardins. Elle explique : « Nous avons ici une grande diversité de matériaux qui vont du bronze à la résine. Ces œuvres sont exposées en plein air, qui plus est en milieu arboré et pollué, ce qui entraine divers risques de détériorations. La bio-détérioration, par exemple, avec le cas d'algues microscopiques qui se transforment en graines et, à la fin, c'est un marronnier qui finit par pousser au milieu de l'œuvre entrainant, si l'on n'intervient pas, sa destruction ! ».
D'autres problèmes peuvent se présenter. Ainsi dans le cas d'une restauration mal faite d'une statue ancienne, une agrafe en fer qui rouille peut faire éclater la pierre. Il existe d'ailleurs un véritable protocole de suivi et d'entretien de l'ensemble des œuvres, qui va même jusqu'à des actions de sensibilisation du public actuellement en projet.

Ensuite, c'est au tour d'un agent du service des fontaines de présenter la richesse et la diversité de son travail. On apprend ainsi que les maillets utilisés par les fontainiers sont réalisés en buis issus du parc de Versailles et taillés par les ébénistes du château ! Tout se transforme, rien ne se perd.

La matinée se termine par une présentation de son travail par Odile Bureau, jardinière en chef du domaine. « Le parc a été conçu et a évolué depuis sa création au XVIIème siècle jusqu'à aujourd'hui. Ce sont toutes ces identités qui forment l'identité générale du parc qui atteint les 460 hectares !». Un entretien impressionnant. Ces quelques chiffres sont assez éloquents : 55 000 m² de débroussaillages ; 40 hectares à tondre ; 22 000 m² de désherbage et 22 km d'arbres d'alignement !
Le groupe apprend aussi que tous les arbres sont classés monuments historiques et que leur abattage est très strictement réglementé. Et sans parler des fleurs, rares au XVIIème mais, par contre, extrêmement nombreuses au XIXème, puisqu'on pouvait avoir jusqu'à 20 000 plantes pour un seul massif !

Des archives essentielles

L'après-midi se déroule au musée du domaine national de Saint-Cloud... à l'abri du mauvais temps persistant. Élodie Brisson-Touati, architecte au Conseil d'Architecture, d'Urbanisme et de l'Environnement (CAUE), présente, diaporama à l'appui, les différents points de vue du domaine et le paysage urbain qui l'environne.
Elle propose également aux professeurs les outils à vocation pédagogique que le CAUE met à leur disposition. La journée se termine par une intervention de Séverine Drigeart consacrée aux archives détenues par le domaine de Saint-Cloud :
« Saint-Cloud est un site dont beaucoup d'éléments ont aujourd'hui disparu, regrette-t-elle. Dans ce contexte, ces archives sont d'autant plus essentielles ».

Lorsque l'on interroge les professeurs sur leurs premières impressions à la fin de cette formation, les avis sont franchement positifs : « C'était la première fois que je suivais un stage inscrit au plan académique de formation et j'ai été absolument ravie » ; « un stage excellent, à reprogrammer l'année prochaine » ; « un accueil efficace, sympathique et des contenus utiles et diversifiés ».

Une formation qui aura permis aux professeurs de s'interroger sur les notions de paysage à travers des regards croisés sur une résidence royale de la Renaissance à nos jours et de voir comment garder vivant un paysage historique. Des questions qu'ils pourront utilement retravailler avec leurs élèves.

Il reste maintenant à patienter jusqu'à la prochaine édition en espérant que, cette fois, le soleil sera de la partie !



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